La rançon de la servilité
Promesses d'une politique libérale, ultra-libérale et la vision Sarkiozienne de la société
Le modèle libéral ne doit-il pas faire peur ?
Une société dite "libérale" ne laisse pas l'Etat mettre son nez dans les politiques économiques des industries, et doit laisser le "Marché" vivre sa vie, de façon nationale et internationale.
Postulat de base
Une entreprise qui se porte bien répercute sa bonne santé économique sur ses employés, par des augmentations de salaire et une sécurité de l'emploi.
Par contre-coup, cette bonne santé se répercute sur l'équilibre économique du pays, et sur sa croissance.Bonne balance commerciale, monnaie forte mais pas trop, exportations lucratives, importations minimums.
L'Etat, s'étant retiré de la directivité économique, ne participe pas directement à la législation des droits du travail, de la protection des intérêts des salariés, et de l'aide à ceux qui sont en rupture d'emploi, ou en recherche de reconversion. Il n'en est que preuve de voir ce qui est au sommaire des pays libéraux en ce qui concerne ces divers sujets.
La préparation à la retraite, la protection des salariés en cas de maladie, en cas de maternité, les protections sociales diverses et les droits à l'enseignement et à la formation suivent le même chemin, et sont laissés à charge des intéressés. Seule garantie, la santé économique des entreprises est seul vecteur de cohésion et de fonctionnement du système, tout est basé sur ce postulat.
Vision analytique
- Disparité sociales avec les pays émergeants
La plupart des secteurs économiques de production de biens de consommation, ont un coût lié d'une part aux matières premières, d'autre part au coût humain (nous laisserons de côté l'aspect fiscalité qui vient se greffer sur les coûts globaux de ces biens).
Dans les pays fortement industrialisés et appartenant aux pays dit "riches", le coût humain représente une part importante du prix de ces biens.
En effet, la masse salariale est répercutée sur le prix de revient de ces biens de consommation. Dans les pays émergeants, cette masse est bien moindre ce qui permet de diminuer d'autant les prix de production, et donc le coût final du bien.
Une entreprise soucieuse du bien être de ses salariés et partie prenante sur l'équilibre économique de son pays devrait participer activement par sa production à sa bonne marche.
Alors pourquoi voit-on autant de délocalisations?
Pourquoi même des secteurs publics délocalisent leurs services dans des pays émergeants?
Sarkozy en observateur attentif des réalités économiques n'a-t-il pas remarqué ces tendances, ou est-il naïf au point de croire que la France sera une exception à la ruée vers le profit à bas coût?
- Secteur quaternaire et formation
Autre pierre d'angle du développement économique, la formation liée à la spécialisation extrème et au développement des secteurs tertiaires et quaternaires.
Si de plus en plus de services liés aux entreprises se délocalisent, le secteur quaternaire, les savoir de pointe, eux semblent pour l'instant pouvoir rester l'apanage des pays ou l'enseignement et la recherche sont des secteurs en développement.
Pourtant, dans une ligne de conduite libérale, l'enseignement et la recherche ne sont plus pris en charge par l'Etat, mais soit laissés à charge des intéressés, soit à charge des industries. Et tout de suite, le décalage apparaît.
Entre des recherches directement orientées au profit des entreprises avec tous les débordements et abus que cela comporte (à quand les universités MacDo, ou les médicaments stricte propriétés des entreprises qui les trouvent et les fabriquent, sans contrôle de l'Etat et sans partage), et l'impossibilité de prendre en charge sa formation, l'Etat libéral reste un Etat qui ne permet qu'aux élites et nantis de tirer leur épingle du jeu.
Comment en effet assumer des études longues et coûteuses afin d'obtenir un niveau de compétences propre à trouver un emploi dans le secteur quaternaire, quand à la base il faut assurer le quotidien, et que le taux de chômage augmente.
Sarkozy ne voit-il pas l'état de délabrement des sociétés libérales en terme d'enseignement et de recherche pour le plus grand nombre, et de l'équité sociale qui devrait en découler? Veut-il que le recherche reste chasse gardée des grands trusts, que les découvertes servent avant tout au profit qu'au bien de tous, et que l'enseignement, la formation et la culture soit une denrée rare réservée à une seule classe de la société?
- Vision solidaire ou individualiste
Directement lié au libéralisme économique, le modèle individualiste de société va à l'encontre de la culture solidaire développée en France, depuis la Révolution et le Front Populaire.
Notre modèle de société est basé sur la solidarité, le partage des risques, et le mutualisme. Avec ses défauts, ses qualités, ses hauts et bas, tant bien que mal, nous avons mis sur pied un système perfectible, mais qui part dans la bonne direction.
Le modèle libéral est à l'opposé de notre philosophie économique et sociale. Au "tous ensemble" il oppose le "chacun pour soi", au "tous pour un" il oppose le "moi d'abord", au "un peu pour tous" il oppose le "le plus possible pour moi"....
Abandonner au privé l'ANPE, la sécurité sociale, les retraites, les assurances maladies, l'enseignement, la santé, la culture, la recherche, c'est les réserver aux seuls qui peuvent se le payer....et qui ont toujours un emploi.
- La bourse, ou la course au profit : finalité de la production
Cerise sur le gâteau, le concept d'entreprise lui même a perdu sa connotation ethimologique. Une entreprise permet d'entreprendre, c'est à dire de "prendre entre" hommes un même direction pour produire créer, avec bien sûr un "patron", une équipe d'encadrement et des "producteurs" divers. Chaque maillon de la chaîne étant tributaire des autres.
Avec le libéralisme et la mondialisation, l'équipe dirigeante a fait place à des actionnnaires, disséminés sur la planète, possédant parfois quelques "morceaux" de la société, et qui ne vise qu'à faire fructifier l'investissement mis en oeuvre. La dimension humaine a disparu, et même, encore plus incroyable, la notion de "produire un bien" a elle aussi disparu.
L'actionnaire, celui qui investit dans l'entreprise, ne se soucie guère, comme l'industriel propriétaire de l'entreprise, de ce qui est produit, à quel coût, ce que cela rapporte, et quel est le sort des participants à cette production. On arrive à des absurdités telles que, par exemple, il faille licencier de la main d'oeuvre, pour faire monter la valeur de l'entreprise, et donc améliorer la valeur des dividendes.....
On se moque bien ici de tout ce qui fait le concept d'une entreprise, du travail, de la production, des biens même produits. La valeur de l'homme, de sa famille, de ses projets, de son avenir, disparaît devant le concept de profit à court terme, de dividendes, et un ensemble d'anonymes, scrutant les courbes du tout puissant "Marché" va décider de la vie ou la mort d'une entreprise ou du nombre de sacrifiés que l'on fera monter dans le wagon des licenciements.
Synthèses et Conclusion
Voila donc le modèle de Société que Monsieur Sarkozy veut nous faire partager?
Voila la conception qu'il a du travail, du "travailler plus", pour "gagner plus"!
En définitive, le modèle proposé est un modèle ultra-libéral, qui a déjà fait ses preuves et ses ravages dans le grand modèle économique de Monsieur Sarkozy: les Etats Unis.
Ce pays même qui s'est caché derrière une simili-croisade contre le terrorisme pour faire main basse sur les réserves de pétrole de l'Irak, régime qu'il avait cautionné et protégé à l'époque ou cela servait ses intérêts.
Voila la direction que nous prenons, si nous ne faisons pas l'effort de voir plus loin que le discours populiste de base qui nous est asséné lors des campagnes électorales.
Nous n'aurons que ce que nous méritons, c'est à dire librement choisi par la méthode la plus démocratique qui soit : le suffrage universel
Albidochon