"L'acceptation" à l'extrême ou la dépendance affective

Peut-on tout accepter par amitié, par amour?
Qui n’a jamais entendu cette phrase bien connue : "l'amour rend aveugle"
Est-ce la même chose lorsque nous parlons d’amitié ?
Et si nous acceptons tout, est-ce par bonté, naïveté, pitié ou amour ?


Pouvons nous être d’accord avec le fait de tout accepter sans que cela ne soit synonyme de manque de respect avant tout envers soi même ?

Il y a des limites à placer et à faire respecter pour le bien-être de deux personnes. Savoir différencier certaines choses me paraît indispensable à une survie (protection) personnelle.

En acceptant tout des autres par amitié, par amour, ces « autres » peuvent devenir de terribles obstacles à notre existence et à notre épanouissement.

Lorsqu’une rencontre, que l’on croyait heureuse, devient lourde à porter, on peut dire que cette rencontre n’est pas heureuse car elle bloque nos projets, nos désirs, notre conception de l’existence et il est parfois préférable de « prendre la fuite » pour nous « sauver »

«Prendre la fuite » n’est pas dans ce cas s’enfuir comme un(e) lâche, mais bien s’éloigner du contact de ceux qui nous rendent étrangers à nous mêmes.

Mais qu’est ce donc alors une belle amitié ou un bel amour ?

Une amitié réussie est une rencontre qui, par le lien engendré, renforce, enrichi, grandit les êtres qui se sont rencontrés, mais ne les diminue jamais.

Pourquoi alors tout accepter si tel n’est pas le cas ? Que penser de ces femmes battues qui restent auprès de leur époux ?

Peut-être est-ce du à notre incapacité à vivre sans les autres, car ils nous sont souvent aussi indispensables qu’insupportables. Nous vivons et nous existons à travers eux, à travers leur regard. Nous avons une conscience qui demande à être reconnue et elle ne peut l’être qu’à travers la conscience de l’autre.

Oui, mais l’autre nous juge à travers son regard, il réduit notre liberté, pose sur nous des étiquettes, des catégories, il classe, jauge selon les apparences, les réalisations, les conduites qu’il a interprétées de son point de vue et non du notre.

Et pourtant, c’est grâce à ce regard de l’autre que nous existons car nous ne pouvons nous suffire à nous même.

Et pourtant aussi, tout accepter par amitié/amour est souvent l’occasion de blessures narcissiques, d’incompréhensions, de conflits d’intérêts et de liberté.


Rester seul alors ? Vivre comme un(e) ermite ?

Je ne pense pas que cela soit non plus la solution miracle car de toute façon notre liberté serait sans cesse exposée à la violence de ceux qui viendraient troubler notre solitude.

On ne peut rester libre tout seul longtemps. On ne peut vivre ni en sécurité ni confortablement sans les autres, il y aura des concessions à faire, de l’acceptation implorée de la part de l’autre, voire même devoir supporter son égoïsme car il lutte et résiste, cherche par tous les moyens à se faire valoir, à vouloir secrètement s’affranchir dès qu’il y voit un intérêt particulier et qu’il peut espérer l’impunité.

Kant appelle cela « L’insociable sociabilité »

»L’homme est un être social insociable. Il ne peut exister sans les autres et pourtant il s’autorise ponctuellement à faire des exceptions aux règles communes et donc à faire comme si les autres n’existaient pas puisqu’il omet de s’interroger sur les conséquences de ses actes si chacun en faisait autant »

Tout cela ne serait-il pas lié à un manque affectif ?

« Je préfère avoir des amis, même ceux qui me font du mal, plutôt que de ne pas en avoir du tout »

Dans l’ensemble, cela correspond à la connaissance d’un schéma négatif dont nous ne pouvons ou ne voulons sortir. Il est beaucoup plus confortable de rester dans ce schéma même s’il nous fait du mal.
Nous marchons en terrain connu, c’est un terrain qui nous rassure.
Sortir de ce schéma et aller vers le positif est aussi se mettre en danger car nous nous dirigeons vers le positif, mais aussi vers cet inconnu. Ce même « terrain inconnu » qui attise, attire et fait peur à la fois.

La rencontre, même quand elle est au départ, heureuse, peut être aliénante car on peut ressentir la présence de l’autre comme une dépossession de soi.

Ne pas devenir dépendant affectif me semble important pour notre bien-être, il faut pouvoir à un moment donné reprendre en mains les commandes de sa vie, de ses actes, de ses pensées et de ses projets de vie. En bref, faire un choix et de part cela, renoncer à l'autre.

irOise

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4 Pilis-pilis - Ajouter un piment:

L'homme est de par son héritage biologique un animal grégaire. Le concept de "groupe", "famille", "clan" est ancré dans ses gènes et prend sa source dans le cerveau reptilien, et le cerveau limbique. Ces cerveaux primitifs commandent un certain nombre de comportements réflexes, de rituels, et de schémas rigides.
Avec le développement du néocortex ou cerveau supérieur, les comportements issus des cerveaux primitifs sont interprétés par la conscience, la capacité symbolique, l'imaginaire et les schémas affectifs.
Ceci pour en arriver à la dualité exposée par Iroise, entre le besoin d'un "être partagé" qui veut vivre, exister, et qui est constamment en conflit avec l'"être protégé", qui veut survivre.
Entre conserver son intégrité, son équilibre, et se mettre en péril pour devenir un "être partagé", la vie est un constant jonglage fait d'avancées et reculades, de plaisirs et souffrances. Les mécanismes qui régissent ces comportement étant si profondément enfouis dans notre inconscient, que nous ne pouvons qu'essayer nous accomoder avec la partie émergeante de l'iceberg, en croyant pourtant avoir notre destin en main.
Et je n'aborde pas ici le déterminisme directement induit par l'enfance et ses expériences qui pèsent très lourd dans la construction affective des individus.
En définitive, l'intelligence est apprentissage, l'expérience est prise de risques, l'affectif est souffrance, car aucun ne peut exister sans son opposé.

Albidochon

Anonyme a dit…
17 septembre 2007 à 22:04  

"déterminisme directement induit par l'enfance et ses expériences qui pèsent très lourd dans la construction affective des individus."
Et pourtant tout aussi important tant l'influence est grande. Je reste persuadée qu'il vaut mieux vivre eul(e) que mal accompagné(e). Trouver "l'autre" et partager un chemin commun, faire un bout de route ensemble peut être le chemin de toute une vie. Se reconstruire lors de "fuite" afin de se préserver est pour certain(e)s un vrai chemin de croix, long, lent, douloureux. Nous trouvons la force en nous-même avec l'aide des autres (ceux grâce à qui nous existons) et grâce à divers moyens qui nous sont propres. Pour ma part, j'ai utilisé la peinture pour m'aider mais le chemin est long. Ces mots rejoignent un autre billet, passer de l'été à l'automne et rester un peu trop longtemps dans un état létal, tenter de se réveiller et de rejoindre ses désirs et aspirations. Se trouver pendant quelques temps en "(re)construction" alors que le temps passe et passe.....et passe...

Amicalement
irOise

irOise a dit…
17 septembre 2007 à 22:52  

tres intiresno, merci

Anonyme a dit…
25 novembre 2009 à 10:43  

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masimundus semikonecolori

Anonyme a dit…
17 décembre 2009 à 18:13  

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